Entretien avec un conseiller CERFRANCE Alliance Centre.
"La crise boursière se traduit par une crise financière qui touchent aussi les banques (cotées). Le risque est de voir à nouveau une méfiance s’installer entre les banques et, dans ce cas, on peut voir à nouveau s’installer une tension sur les liquidités."
"Concrètement, cela peut amener la banque à examiner avec plus d’attention les demandes de financement.
Sur le terrain, il n’y a pas eu de modifications notables depuis ces grands remous de l’été. En fait, cela fait plusieurs mois que les projets, et notamment ceux des créateurs, sont examinés avec plus d’attention par les banques. Toute nouvelle activité, tout développement qui s’accompagne d’une demande de financement fait l’objet de demandes très précises pour étayer le dossier.
Ainsi, nous conseillons à nos clients concernés de porter un soin particulier au chiffrage de leurs projets. Cela peut se faire, quand les données sont disponible, par une étude de son marché (concurrence locale, chiffrage de la demande) ou par le calcul du « point zéro » que l’on peut ensuite confirmer ou comparer à des données locales.
Sur un autre plan et d’une façon générale, nous constatons que les entreprises qui travaillent en sous-traitance de grandes entreprises nationales ne subissent pas de conséquences notables. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont à l’bri de tout problème. Globalement, les délais de paiement restent normaux ; les grandes entreprises ayant pu se refaire de la trésorerie depuis 2 ou 3 ans.
Plus préoccupante est la situation des entreprises qui travaillent pour les collectivités ou les entreprises d’Etat. Alors que, structurellement, les délais de paiement sont déjà longs, il s’est trouvé plusieurs situations dans lesquelles des révisions budgétaires ont amenées des reports ou des annulations de commandes. Quand c’est possible, nous amenons nos clients à envisager la diversification du portefeuille de clients. Dans d’autres cas, nous nous focalisons sur la récupération des créances.
Troisième catégorie, les artisans du bâtiment ayant une clientèle de particuliers. Même quand ils ont la capacité financière à assumer les travaux, les particuliers ont de plus en plus tendance à demander plusieurs devis pour comparer les prix de l’artisan qu’ils font travailler habituellement. Progressivement les informations délivrées par les médias ont un impact sur leur moral et les amènent de plus en plus à retarder leur achat. La conséquence est que l’artisan doit faire plus de devis pour décrocher des commandes. L’activité ne ralentit pas et c’est par une organisation de son temps et une diminution du temps passé sur le devis que l’artisan fera la différence. Il faut aussi anticiper un risque de tension sur les liquidités et rester très attentifs à ses délais de règlements."